
Fotografía de Pura María García
Tiras de algas sin amparo.
Soy el agua salada que siempre mantendrán tus labios.
Busco tu boca.
La he buscado siempre.
Apelo a la memoria de tus labios de agua
para reconstruirte en la cicatriz que divide el pasado y el presente.
Hay una humedad que venía de ella, de tu boca.
Una saliva volcánica,
generadora de cosmos y de espasmos.
La saliva confiada.
El vértigo común que libaban mis labios.
Busco tu boca.
En ella, tu lengua.
El alumbramiento del deseo que jamás nos abandonó
cuando la tarde nos advertía de que todo nacimiento es definitivo.
Busco tu boca.
En ella, tus labios.
En ellos, los míos,
con su fondo de piélago,
su dulzor de hambre por hallarte.
Busco tu boca.
Siempre la he buscado.
Para flotar eternamente en su carnal hondura.
Para no temer el cierre de las puertas a mi espalda.
JE CHERCHE TA BOUCHE
Je cherche ta bouche.
Je l’ai cherchée toujours.
J’en appelle à la mémoire de tes lèvres d’eau
pour te reconstruire dans la cicatrice
qui sépare le passé du présent.
Il y avait une humidité qui venait d’elle, de ta bouche.
Une salive volcanique,
créatrice de cosmos et de spasmes.
La salive confiée.
Le vertige partagé où buvaient mes lèvres.
Je cherche ta bouche.
En elle, ta langue.
La naissance du désir qui ne nous a jamais quittés
quand le soir nous prévenait
que toute naissance est définitive.
Je cherche ta bouche.
En elle, tes lèvres.
En elles, les miennes,
avec leur fond d’abîme,
leur douceur de faim de toi.
Je cherche ta bouche.
Je l’ai toujours cherchée.
Pour flotter sans fin dans sa profondeur charnelle.
Pour ne plus craindre la fermeture des portes derrière moi.
DEJARON SU VOZ ESCRITA…